index.1.jpg (6847 octets)

Page précédente                              page 6                             

Histoire de Barbezieux - Saint-Hilaire
par le Dr Pierre Landry, président du Rotary-Barbezieux en 1993-94.

BARBEZIEUX

Cette petite ville du sud-ouest qui prit de l'importance après le ravage par les Alains de la Ville de Saint- Eugène près d'Archiac a vu passer bien des gens de qualité et d'importance comme Louis XIII et Rommel. Rommel je me souviens. J'étais un adolescent et malgré le manque de radio et de télévision on savait qui était Rommel. Lorsque le bruit couru qu'il allait passer rue Sadi-Carnot dans la maison où se trouve le Laboratoire d'analyse, il semble que l'on fit semblant d’y courir pour faire comme tout le monde. Il est venu nous a t­’on dit mais nous ne l'avons pas vu.

Louis XIV me direz-vous, en allant se marier à Saint-Jean-de-Luz. Il ne passa pas chez nous bien que ce soit la route à suivre. Il passa plus à l'ouest. L'amour de Marie Mancini l’y obligeait, il l'avait promis. Ils devaient s'e retrouver à Saint-Jean-d'Angély. Mazarin veillait, il n'était pas faiseur de bonheur comme celui qui l'avait précédé Richelieu. Il avait de l'ambition pour lui et pour sa famille, mais il n'aimait pas Marie que sa mère détestait. .Il ne voyait pas comment il ferait si elle devenait Reine de France. Alors la rencontre ne se fit pas. « Vous êtes Roi, vous pleurez, et je m'en vais », avait-elle dit.

J'ai trouvé, il y a quelque temps une description de l'hôpital de Barbezieux. C'était l'époque où la médecine n'avait comme traitement que la saignée et la purge. Les humeurs, mauvaises, comme on disait, se trouvaient dans les humeurs tout court : le sang et ce qui sortait de l'intestin. On appelle ces dernières avec es urines, les émonctoires. Les urines s'évacuant seules ne posaient pas de problèmes. Les autres il fallait aller les chercher, c'est ce pourquoi on saignait et

purgeait. Les hommes étaient forts en ce temps là et certains survivaient. Beaucoup cependant mouraient et c'était tellement habituel que même les empoisonnements volontaires ne posaient pas de questions.

 

Barbezieux avait donc son hôpital. Un petit hôpital qui comme les autres étaient confié à des religieux et où venaient des malades et aussi des pauvres malnutris et sans hygiène. La découverte tardive de l'intérêt de l'hygiène sera en son temps aussi importante que les antibiotiques.

 

Cet hôpital a disparu mais la rue de l'hôpital, de la rue neuve de l'hôpital est restée. Description : « Etant entré dans une petite cour d'environ huit pieds au carré, où il y a un puit et un degré pour monter dans les chambres hautes du dit hôpital, lequel sert de logement au dit sieur aumônier et à l 'hospitalier : de la dite cour avons entré dans une petite chambre basse qui sert de cuisine à l'hospitalier et aux pauvres, à côté de laquelle chambre il y a un bouge qui sert de bûcher et de sellier ; de là nous sommes rentrés dans une salle basse où on reçoit les pauvres malades, qui est d'une largeur de quatorze pieds et de longueur de quarante cinq pieds, y compris une chapelle qui est dans  un bout et qui a huit pieds de large et dix de longueur, où nous avons trouvé deux lits et une petite couchette, avec de très mauvaises garnitures et deux mauvais matelas fourrés de

chanvre. Lequel hôpital est situé au milieu du dit lieu et paroisse de Barbezieux, lequel est démuni de tout linge: dans laquelle salle il peut y entrer deux châlits. De là sommes entrés dans' un jardin au-devant de la maison du dit hôpital, rue entre deux, de la contenance d'environ deux carreaux, et à côté dudit jardin, une écurie d'environ douze pieds carrés avec un petit toit à cochon. Dudit jardin sommes allés dans un appentis où on reçoit les pauvres, où il y a trois châlits et un four et de l'espace suffisant pour placer deux autres châlits ».

Les propriétaires de la terre de Barbezieux furent de l'an Mille à l'an Mille trois cent soixante dix sept, soit trois cent dix sept ans, Alduin et Itier et Vivien, ils venaient d'Angoulême, puis de 1379 à 1718 la famille de Larochefoucaud, ils possédaient aussi Verteuil et Ruffec, puis au Schoenberg, gendre des Larochefoucaud et maréchal de France, puis au Cardinal de Richelieu puis à Louvois dont le fils prit le nom de Barbezieux. Enfin la terre revint aux Larochefoucaud de 1718 à 1792. Elle eut par la suite de ventes, divers propriétaires dont le dernier, reculant devant la charge, vendit le château à la Ville de Barbezieux. Elle y fit de grandes démolitions que l’on regrette maintenant.

Docteur Pierre Landry
 
Avril 2003.